31.01.2010

La femme dans le miroir – Thanh-Van Tran-Nhut

Than-Van Tran-Nhut.jpgL'auteure au nom imprononçable pour le Savoyard que je suis serait-elle celle qui va me faire reprendre goût à la littérature et me redonner foi en l'écriture ?

Non pas que durant ce presque mois passé sans écrire, le mot littérature soit devenu ordurier, mais la quotidienneté de l'existence, les lectures insipides, un manque d'inspiration incontestable de ma part et peut-être aussi le manque de soleil, m'ont quelque peu fait tomber dans la spirale du renoncement littéraire.

Heureusement, un ami a eu la bonne idée de m'offrir en cadeau d'anniversaire entre autre un livre, « La femme dans le miroir » de Thanh-Van Tran-Nhut, que j'appellerai si elle me le permet Than (elle me le permettra, c'est sûr, vu la suite qu'elle va lire). Ça sera plus simple.

Than nous emmène dans le tourbillon de la folie d'un homme, qui ayant perdu quelque temps plus tôt sa femme, mène une enquête sur des tableaux aux époques différentes où apparaît pourtant le même visage de femme. Cela aurait pu être un sujet ennuyeux. Aucunement. Dès les premières pages l'auteure manie un style remarquable, à la fois brillant et léger, ce qui ne va pas sans dire est extraordinairement rare de nos jours. On a en effet souvent le choix entre un style brillant et pédant (ils passent tous les jeudis soir soi-disant dans une « grande librairie » sur France 5 qui est en fait toute restreinte) ou un style léger. Je m'inclus bien sûr parmi ces auteurs qui sont légers et qui l'assument, faute de mieux.

La femme dans le miroir est une quête où le personnage principal, un traducteur parisien, va tenter de chasser ses propres fantômes, le tout dans un univers oscillant entre présent et passé, science et magie.

Cette auteure possède en effet un univers qui lui est propre. Le lecteur, piqué de curiosité dès le début, ne pourra lâcher ce livre, phénomène qui ne m'était pas arrivé depuis les trois opus de Stieg Larson, c'est dire... L'intrigue est bien menée, mais la plus grande réussite du livre c'est la façon dont Than arrive à nous promener tout au long du récit, et où le mot « culture » retrouve avec elle tout son sens. On apprend en effet dans ce livre quantité de choses et c'est bien cela ce qui constitue la définition d'un bon voire d'un très bon livre ! Une oeuvre culturelle donc, facile à lire, avec une histoire palpitante d'un bout à l'autre. Bref le genre de livre que tout auteur aurait voulu écrire, mais c'est Than qui l'a fait en première ! Bravo.

Je conseille donc vivement de vous procurer au plus vite « La femme dans le miroir » de Than Van Tran Nhut aux éditions Robert Laffont.

Si vous voulez en savoir plus sur Than, allez sur son site  http://tvtn.free.fr

 

03.01.2010

Bonne année et surtout... bonne chance !

Bonne année à tous !

Et surtout bon courage...

Je pense ici d'abord à tous ceux qui ne sont pas à la retraite. En effet, d'après les déclarations du gars qui a besoin d'un tabouret pour parler en public, il faut se pencher sur le régime des retraites. N'a-t-on pas déjà abordé le problème ? Si mes souvenirs sont bons, depuis 2003, il faut travailler 40 ans de sa vie (si ce n'est 41 d'ailleurs) pour avoir une retraite pleine et entière. N'est-ce pas suffisant ? Jusqu'où allons-nous aller ? Travailler jusqu'à 70 ans ? Car c'est bien cet âge-là qui va être atteint en fin de compte si l'on ne prend pas en considération les années d'étude effectuées avant d'entrer dans la vie active...

Alors, c'est sûr que les politiciens ont beau jeu de dire qu'eux travaillent, que ça ne leur pose pas de problème de travailler tard : c'est sûr qu'assister à des réunions, parler en public et manger des petits fours à longueur de journée, nous aussi on pourrait le faire jusqu'à 70 ans...

Je pense aussi à ceux qui vont particulièrement ramasser cette année : les collectivités territoriales... Eh oui, c'est à votre tour, c'est votre année, les gars ! Nous (prof en lycée pro) on a eu notre réforme et les suppressions de postes qui vont avec. Désolé, mais maintenant c'est à vous de déguster les petits fours de Nicolas. Ça va sûrement être un festin. Il ne va pas vous rater. Remarquez que fonctionnaire est devenu en l'espace de quelques années dans ce pays une insulte. Et on n'a pas fini d'en baver...

Enfin, j'ai une pensée aussi pour tous les travailleurs du pays confrontés au spectre de la récession. Nicolas Ier l'a dit, nous sortirons de la crise cette année, chose qu'on nous répète depuis des mois. Doit-on le croire ? Est-on à l'abri d'un nouveau krach boursier ? Une chose est sûre, les mutuelles augmentent leurs tarifs de 5% en moyenne. Vous avez entendu tout comme moi cette nouvelle. Par contre, on a pas entendu pourquoi elles augmentaient leurs cotisations... Eh bien, ce sont les effets de la crise financière : concrètement nous allons payer de notre poche les erreurs de spéculateurs et des banques que Nicolas Ier (et donc nous les contribuables) a aidées cette année...

Normal...

Je souhaite donc une bonne année à tous,

Ne vous coupez pas les veines, merci, ça ferait tâche sur mon blog (ah non pas le canapé non ! putain non, tu mets plein de sang, là, c'est dégueulasse !)

 

21.12.2009

Une nouvelle héroïne (4)

Coucher la première fois ne faisait pas partie de ses habitudes. Le gloussement qu'elle poussa après l'acte désarçonna quelque peu son partenaire.

-       Il y a quelque chose que j'ai fait qui te fait rire ?

-       Non, parvint-elle à dire en se couvrant la bouche. Ce n'est pas toi... Disons que je trouve ma conduite un peu... légère.

-       La légèreté, ça fait du bien parfois. Tu regrettes ?

-       Non, j'ai simplement l'impression d'avoir quinze ans.

-       Un miracle de plus sur cette terre...

-       Une mission accomplie haut la main cher commandant.

-       Ce n'est peut-être que le début...

-       En parlant de ça. Désolée, mais je me lève tôt demain. Je ne veux pas te chasser, mais j'ai besoin de dormir.

-       Je comprends, dit Lernier qui passa aussitôt sa chemise et son pantalon.

-       Ne t'inquiète pas Paul. Tu as mon numéro, tu sais où me joindre. J'imagine que toi aussi tu as du travail ?

-       Oui et pas qu'un peu. Mais ça, tu le sais déjà. Alors, disons que je te rappelle ce soir, OK ?

Jocelyne approuva d'un hochement de tête.

-       Dans la semaine, je t'emmènerai dans un petit resto près de la fosse aux lions. Tu m'en diras des nouvelles.

Après le claquement de la porte, Jocelyne, les yeux dans le vague, demeura un long moment allongée avec comme seule compagne une lampe de chevet. Elle repensa à la conversation du bowling. Avant son arrivée, Lucien avait raconté comment il avait connu Jocelyne et les petites mésaventures qui lui étaient arrivées ces derniers temps. Lernier avait comme tout le monde entendu parler de l'homme retrouvé gazé au milieu d'un champ. Puis Lucien en revint à Jocelyne.

-       Tu verras, c'est quelqu'un de très bien, lui avait-il dit, avec un petit air malicieux.

Lernier n'avait rien répondu. Il aurait bien voulu lui dire qu'il n'avait pas besoin d'entremetteur, mais il laissa faire.

Au moment où celle-ci était apparue, un petit sourire se fit sur son visage.

Ce fut ensuite des petits regards échangés pendant les parties, des bribes de mots, des petites choses qui firent que Lucien se sentit vite en trop. Comme une évidence.

Sortit du bowling, Jocelyne proposa de raccompagner Paul qui était venu avec Lucien. C'est notamment ça qui l'avait fait glousser au fond, son culot. Ils allèrent ainsi boire un dernier verre. Ils rirent aux éclats lorsqu'ils apprirent qu'ils n'habitaient qu'à quelques pâtés de maisons l'un de l'autre, moins de 400 mètres c'était sûr, avait estimé Paul.

Ce dernier lui raconta sa vie de flic, ses années passées au service de l'État. Pas toujours faciles. Il avait abandonné le terrain. Trop dangereux, trop fatigant, trop usant. Il y a un an, il avait failli perdre la santé à courir après le crime ou simplement après des petits voyous. Il était sûr qu'il s'était retiré à temps. Il lui avait ensuite narré le traumatisme qui affectait actuellement son unité : le coma de l'un de ses meilleurs éléments sans compter le pétage de plomb de la seule femme officier de l'étage.

-       Une sale période, finit-il par conclure.

-       Vous pouvez m'aider ? lui avait-elle brutalement lancé.

-       Vous aidez à quoi ?

-       À retrouver celui ou ceux qui ont tué cet homme.

-       Vous savez, la gendarmerie est déjà sur le coup.

-       Vous ne pouvez pas au moins vous renseigner auprès d'eux ?

Qui aurait pu résister à cette voix mielleuse, ce regard de braise et le parfum tout autour ?

Il avait fini par dire qu'il se renseignerait. Après un verre supplémentaire, il lui demanda de la tutoyer, car il se sentait vieux qu'elle le vouvoie. Leurs mains s'étaient effleurées et un brusque désir était monté en elle. Il avait dû ressentir la même chose. C'est à ce moment-là que ses paupières se fermèrent complètement. On y verrait plus clair demain...

 

 

20.12.2009

Brune

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13.12.2009

Idendité

À coups d'ogives médiatiques, on nous farcit la tête avec ce concept d'identité nationale.

Mais qu'est-ce que l'identité d'une nation édentée, ravalée au rang de nation agenouillée devant le Dieu Consommer ?

Où sont nos Voltaire, Moulin, Manouchian et consorts ? À la place on a plutôt un con qui sort... du lot, sûr de lui, ne résistant à rien et qui pourtant foule la tombe d'authentiques héros.

Aux Glières comme ailleurs, on fait grise mine devant ce triste railleur qui prêche l'identité, mais qui provoque l'iniquité entre ses sujets.

Sujet à polémique, devons-nous être tous identiques ?

L'altérité et la dissemblance ne peuvent-elles pas être des qualités ?


Où sont nos Voltaire, Moulin, Manouchian et consorts ? À la place on a plutôt un président qui mord.


Regardons l'Histoire, elle dit bien des vérités.

Et pour commencer, la France des Gaulois a-t-elle existé ?

Car la Gaule provoque la gaule chez ceux qui croient que nos ancêtres étaient gaulois. Si certains l'étaient ça va sans dire, que dire en effet des Romains, qui avec leur César, dépoussiérèrent tout sur leur passage et remportèrent, la palme de ceux qui ont la plus grande Gaule évidemment, fabriquant illico des Gallo-romains...

Une nouvelle identité...


Que dire encore des Francs qui arrivèrent de l'Est, et qui prirent possession de tout ce qu'ils purent sur le champ et qu'ils prénommèrent France. Pas très franc Clovis qui pour unir son royaume se fit baptiser.

Identiques ? Des Francs mêlés à des Gaulois et des Romains ? Croyez-vous ? Parlaient-ils le même langage ?

Ça déménage.

Car au fil des siècles les peuples se mêlèrent, on ne pourrait citer les Français qui partirent et ceux qui le devinrent : Italiens, Espagnols, Polonais, Africains...

Dont des héros. En première ligne lors des grandes guerres.


Où sont nos Voltaire, Moulin, Manouchian et consorts? A la place on a vraiment l'impression d'être déjà mort.


Ah qu'il était beau le Napo avec son chapeau. Hommes à terre, il n'en avait que faire. Lui tout ce qu'il voulait c'était la gloire et le pouvoir. Italiens, Tchèques, Allemands, tous se soumirent, mais tiens, c'est bête, certains soldats français s'installèrent dans les pays conquis ! Mais que firent-ils de leur identité ?! Le Napo en nage en cage, enrage : il meurt.

Il faillit vaincre l'Europe, mais vainquit son pays au bout du compte, convaincu ou pas, ce n'est pas grave, ses successeurs en firent un héros, il a massacré, vive le héros !


Où sont nos Voltaire, Moulin, Manouchian et consorts? A la place on a des ghettos, des illettrés et des remords.


De nos jours le petit Napo ferait mieux de se pencher sur l'égalité entre les riches et les pauvres et changer la mentalité de gens désincarnés, désinformés, désintéressés...


Change le mot identité

Remplace-le par Liberté, Égalité, Fraternité

Tu verras que même si ça fait démodé

Ces trois mots sont toujours la clé

Pour retrouver une unité