21.05.2009
Colin est mort (4)
J'eus du mal à ouvrir la poignée de la voiture, tourmenté, me demandant si je n'avais pas rêvé... Mais non, que s'était-il passé ? Je pris le parti de démarrer la voiture... Ensuite seulement je réfléchirai...
J'éteignis le contact un kilomètre plus loin entre le village et l'habitation supposée des Barthe, à un endroit où le bas-côté le permettait. Je me pris le visage entre les mains... C'était quoi cette histoire ? La femme de Colin Barthe avait-elle perdu la raison, était-elle entrain de nier la réalité ? Cela paraissait difficile, aucune autre voiture n'était là, famille, amis pour soutenir la veuve... Alors que s'était-il passé ?
Je sortis de ma voiture pour respirer et marcher quelque peu. J'eus le temps de faire quelques mètres sur ce qui apparaissait comme un début de sentier de randonnée, lorsque mon attention fut attirée par un cabriolet rouge qui vrombit dans la ligne droite menant au village. À ma grande stupéfaction, il s'arrêta net. Une femme brune m'interpella :
- Montez s'il vous plaît, j'ai des révélations à vous faire.
- Quelles révélations ? Qui êtes-vous ?
- Ne discutez pas, c'est moi qui vous ai envoyé la lettre annonçant la mort de Colin.
- Et ma voiture ?
- Ne vous en faites pas, je vous ramènerai ici.
J'avais mille questions à poser, mais avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, elle fit violemment demi-tour.
- Je vais tout vous expliquer. Il ne s'agit pas d'un canular, Colin Barthe est réellement mort.
- Sa femme dit que non !
- Ce n'est pas sa femme.
- Pardon, qui est la personne à qui j'ai parlé tout à l'heure ?
- Il s'agit d'une remplaçante.
- Une remplaçante ?
- Pour faire bref, un sosie. Et Colin lui aussi a été remplacé...
- Mais c'est du délire ! Vous êtes complètement folle, il faut vous interner !
- Les Barthe travaillaient pour le gouvernement.
- Je ne vous crois pas une seule seconde !
Mon cœur tambourinait dans mes tempes. J'étais déboussolé.
- Je suis la meilleure amie de Marieke Barthe. Je l'ai connue plus jeune. C'était une brillante étudiante en biologie venue de Hollande. A la fin de ses études, elle n'a pas voulu retourner dans son pays, à priori pour des problèmes familiaux. Plus tard, faute de trouver un poste comme chercheuse, elle est entrée dans la police. C'est ce qu'elle m'a expliqué quand l'on s'est retrouvé par hasard dans ce petit village. Un dimanche, j'allai chercher du pain. J'ai entendu mon prénom dans la rue. C'était elle, quelle joie j'ai ressentie ce jour-là. Nous nous sommes vus ensuite régulièrement. Son mari aussi était policier. Un couple sans histoire. Un soir, alors que l'on avait un peu bu, son mari partit aux toilettes. Elle m'avoua à demi-mot qu'elle travaillait pour les services secrets...
La voiture bifurqua à un croisement sur la droite. A l'écart d'une petite route étroite, le cabriolet s'arrêta devant une modeste maison.
- Colin est mort, je le sais de source sûre. Quant à Mariecke, elle est en danger, il faut m'aider, Mr Sergent !
19:06 Publié dans création | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle














Ecrire un commentaire