27.05.2009

Colin est mort (6° et dernier épisode).

Je la croyais désormais. Elle me fit à manger et je voyais dans ses yeux qu'elle était heureuse d'avoir trouvé en moi un allié. Je crus même voir sur son visage un sourire. Quelques minutes plus tard, elle me permit de prendre une douche salvatrice et me prêta une serviette douce qui sentait bon la lavande... Elle me la passa très vite en feignant de ne pas me regarder. Ensuite, elle s'éloigna et me dit de me dépêcher, nous devions partir...

A peine sortie, Camille reprit son air inquiet, renfrogné, dur que je lui avais vu quelques heures plus tôt. Après avoir repris la route principale, la décapotable rouge bifurqua sur une route quelque peu abimée. Quelques lacets plus loin, elle s'arrêta.

Alors que nous sortions de la voiture, des bruits de pneus crissèrent sur le bitume. Camille sortit son arme. J'eus juste le temps de me cacher derrière la voiture, tout près d'elle, sauf qu'elle ne se cachait pas... Des hommes armés lui faisaient face.

L'un d'eux s'écria :

-       Police ! Baisse ton arme Camille, tu n'as aucune chance !

Camille était pétrifiée sur place telle une muse face aux Gorgones...

-       Camille, baisse ton arme, je te dis, relâche ton otage !

De la sueur dégoulinait du visage de la jeune femme.

-       OK, je vais poser mon arme, bredouilla-t-elle.

Un policier s'avança et prit l'arme. La surprise se lut tout à coup sur son visage. L'arme était factice... Au même moment, un autre policier la menotta. Un troisième vint vers moi et me demanda si tout allait bien. Il voyait bien que je ne comprenais rien de ce qu'il se passait. Il m'expliqua la situation.

-       Camille Lansky est une mythomane. Elle s'est évadée de son centre de soin pas plus tard que la semaine dernière. On a retrouvé le brouillon d'une lettre qui vous était adressée. Nous savions qu'elle reviendrait chez elle. On surveillait la maison depuis deux jours...

Je me pris la tête entre les mains.

-       Et les remplaçants, dis-je au policier.

-       Les remplaçants ?!

-       Oui les humains qu'on remplace par des sosies !

Le policier se retourna.

-       Bernard, je crois que l'on a besoin d'une assistance médicale pour ce monsieur !

-       Je préviens le centre de suite ah ah ah

Son rire résonna étrangement à travers toute la carrière...

 

 

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