05.06.2009
Lafont et Boni
Voici pour vous chers lecteurs une nouvelle nouvelle :
La journée de cours avait paru bien longue aux deux adolescents. Ils traçaient leur chemin au milieu de l'amas des carcasses automobiles entreposées là dans leur dernière demeure. Jean-Baptiste et Romain connaissaient parfaitement les trajectoires à négocier pour éviter les pièces détachées.
L'un d'eux boitait. Il avait pris un coup pendant un match de foot en salle. L'autre avait la tête des mauvais jours, une mauvaise note en maths suivie d'une grosse réprimande en français.
- C'est à cette heure-là que vous arrivez ? leur lança un homme plutôt trapu et mal rasé.
- Excuse-nous papa, on avait besoin de boire un coup. Ce lycée, ça craint de plus en plus ! Et puis Romain, avec sa jambe, peut plus avancer.
- Ouais, on peut toujours se trouver des excuses ! En attendant, je vous rappelle que la cérémonie a lieu ce soir à 8.0.0. et il faut que vous soyez en tenue, propre, et, les rangers cirés... Romain, t'as averti tes parents que tu étais là ce soir ?
- Oui, c'est bon, ils le savent, répondit-il d'un air blasé.
Un grand jour. C'était un grand jour pour les Lafont. Le grand-père contemplait la voûte de la cave, qui servait de salle de cérémonie. Le mouvement avait fixé le nombre de réunions à une toutes les deux semaines. Il était composé d'une vingtaine de membres, simplement sur l'agglomération grenobloise. René Lafont était optimiste, leur nombre allait croissant.
Tous étaient habillés en uniforme gris. Tous avaient les cheveux courts, voire rasés. Tous étaient blancs. Seulement deux femmes étaient présentes. On dit que la connerie n'a pas de sexe, mais tout de même...
L'Ancien avait été placé sur une chaise devant une table. Un homme arriva en même temps qu'une musique martiale retentit. Tous se mirent au garde-à-vous, excepté le vieil homme. L'officier salua ensuite l'Ancien puis mit les autres au repos. Il portait des lunettes, affichait une mine sévère et regarda un à un ses hommes alignés devant lui. Il apposa ses mains sur la grande table disposée au fond de la pièce.
- Mes chers volontaires, l'heure est venue ! Oui l'heure est venue pour nous d'agir, de faire de l'action notre maitre mot. Certains ont commencé avec succès. Mais il nous faut libérer le territoire, restaurer l'ordre et la suprématie de notre race.
(à suivre)
14:26 Publié dans création | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : néo-nazis














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