03.01.2009

La capitale, un autre monde. Episode deux.

Le plaisir à Paris c’est d’aller par exemple au théâtre. Nous avions réservé un billet pour la comédie « Célibataires » avec Christian Charmettant et Catherine Jacob au studio des Champs-Elysées. Autant le dire tout de suite, l’essentiel du spectacle se déroula dans la salle...

Le studio des Champs-Elysées est en effet une toute petite pièce à l’intérieur du grand ensemble du théâtre des Champs-Elysées.

Pour accéder à ce lieu, il faut grimper quatre étages puis prendre le même chemin que les… toilettes ! Arrivé tôt, j’ai pu profiter de ce lieu salutaire pour ma vessie. Mais, à ma suite, les gens s’y sont littéralement bousculés. Or, le studio n’étant pas ouvert, une double queue s’est formée pour accéder pour certains au studio, pour la plupart aux toilettes, d’autres spectacles ayant lieux au même moment... Damned ! Ainsi, on ne savait plus qui attendait pour quoi, les gens s’énervaient, s’invectivaient…

Nous avons finalement réussi à atteindre notre but : accéder à la salle. Petite, exigüe. Assis, nous commençâmes par écouter les râlements divers et variés, la plupart pour l’arrivée quelque peu obstruée par la foule des concupissants, d’autres plus originaux sur leur place dans la salle (strapontins, éloignement…).

La gestion des plaintes et des pleurs revint à la dame pipi l’ouvreuse qui empochait, au passage un maximum de piécettes, le spectacle n’étant pas assez cher, 39 euros… Mais que voulez-vous, la pov’ dame n’était payée qu’au pourboire…

Deux heures de spectacle honorable, mais vraiment sans plus.

Certains spectateurs furent encore moins bons que les acteurs, c’est dire ! Un vieil homme derrière nous geignait, sa femme dormait. Le mari se plaignait en effet de l’etroitesse de sa place puis pesta tout fort qu’il n’entendait point Catherine Jacob. Je me retins de lui faire une petite suggestion : quand on est sourd et mal embouché , mieux vaut ne pas aller à un spectacle, quel qu’il soit ou alors, comme tout le monde, on retient d’ouvrir sa bouche et l’on critique après le spectacle…

Plaisir, plaisir et déplaisirs, de quoi vous exténuer pour des jours…

02.01.2009

La capitale, un autre monde. Episode un.

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Une froide journée fin décembre 2008…

Vraiment, Paris est une ville à part… Voici quelques petites scènes authentiques relatées et qui sont caractéristiques de la vie parisienne. Paris, lieu des plus folles richesses, mais aussi lieu des SDF congelés vivants sur des bancs ou faisant la manche dans le métro.

Dans le quartier de l’avenue Montaigne, des chauffeurs attendaient que leur patronne daignasse quitter le magasin Chanel. Ils lisaient tranquillement leur journal ou patientaient dans leur berline de marque allemande, laquelle était en double file, bien entendu à vingt mètres maximum de la boutique. Le long de l’avenue, on pouvait voir de folles vitrines, avec un gorille à cravate pour chaque entrée, afin de bien signifier aux passants que l’on ne pouvait pas entrer comme cela chez ces gens-là…

Sinon ce serait trop… Ce serait trop de marcher un peu comme tout le monde… Ce serait trop de s’habiller comme tout le monde… Ce serait trop de vivre comme tout le monde. Non, il fallait se démarquer, paraître

Remarquez, cela ne se passait guère mieux devant les musées entre les communs des mortels ! Au Grand Palais, l’exposition Picasso et ses maîtres déchainaient les passions. Il s’agit d’une confrontation des tableaux de Picasso avec des œuvres plus anciennes qui l’auraient fortement inspiré.

Le froid était terrible et la foule amassée dés neuf heures du matin patientait tant bien que mal. Deux files s’étaient créées, l’une plus rapide, étant réservée à ceux qui avaient réservé sur internet. C’était notre cas. Dans l’autre file, la tension montait entre les gens pour pouvoir entrer. Deux personnes s’échangèrent même des coups. L’un passa, l’autre pas. Ce dernier sortit de la file et apostropha le premier nommé. Sur les marches qui menaient à l’entrée, au-dessus de la foule, un homme, la cinquantaine, se retourna et dit d’un air magistral : « Je fais valoir mes droits, monsieur ! ». Moment rare, magique digne des plus grandes pièces théâtrales.

La personne monta les dernières marches et se dirigea vers l’entrée. Deux minutes passèrent. L’agressé continua son scandale dans la file puis en ressortit et interpella une nouvelle fois celui qui l’avait apparemment bousculé, ce dernier n’étant pas encore entré dans l’exposition. L’autre, excédé, redescendit quelques marches, poussa quelques jurons et les deux hommes s’approchèrent dangereusement l’un de l’autre. Un membre de la sécurité s’approcha et s’interposa même entre les deux hommes…

Dans quel monde vit-on mon bon monsieur ? Dans quel monde vit-on ? Ce midi, il y avait un clandestin de Calais qui désignait l’extérieur du gymnase où il s’était réfugié comme une jungle. C’est ça oui, une jungle, l’expression m’a marquée, mais elle résume bien la société dans laquelle on vit. Le midi, après une visite au musée d’Orsay (pour moi, LE plus beau musée), le serveur d’une brasserie faillit enlever la dernière bouchée du dessert de ma voisine. TROP efficace, TROP pressé. La vieille dame faillit en tomber de sa chaise. Personnellement, je fis durer le plaisir jusqu’à la dernière goutte de chocolat de mes profiteroles…

Jungle et Plaisir, ça, c’est Paris !